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CaP ou pas CaP ?!

Marathon de Paris - 38e édition du 06/04/2014

8 Avril 2014 , Rédigé par Hubert Leclercq Publié dans #Récit de course sur route


C'est grâce à un tirage au sort organisé par la marque GU energy France que j'ai pu prendre le départ de ce 38e marathon de Paris, le 3e officiellement pour moi.
Le vendredi précédant la course, pendant l'heure du repas, je me rends au running expo pour retirer mon dossard. J'y retrouve Nadège qui souhaite voir ce que propose le salon et pourquoi pas repartir avec une paire de chaussures.
Boulot oblige, la visite de l'expo a été rapide, j'ai quand même eu le temps de saluer vite fait Patrick (marathons.fr)



Jour de la course, 2h30 du matin. Alors que j'ai eu beaucoup de mal à m'endormir, non pas à cause d'un stress lié au marathon mais excité à l'idée que l'ami Pascal puisse faire de belles choses aux championnats de France des 24 heures du côté de Toulouse, le téléphone me réveille. Je n'aime pas ça du tout, certainement une mauvaise nouvelle. Je me lève, décroche et j'entends "papa, tu peux descendre j'ai oublié ma carte !!!!"
Inutile de vous exposer ici tous les noms d'oiseaux qui me sont passés par la tête. Du coup impossibilité de me rendormir. A 6 heures je prends mon petit déjeuner habituel en ayant quasiment pas dormi avec un petit morceau de gâteau de semoule maison et je file à la douche.
Avant de partir, un dernier coup d’œil aux résultats des 24 heures du Confluent et je constate que Pascal est passé à la 13e place, premier de sa catégorie, je lui envoie un dernier message d'encouragement. J'en crois pas mes yeux. C'est ce qui m'a empêché de dormir et il l'a fait, je le savais...




A peine 7 heures, les rues du quartier sont tranquilles. Les policiers sont déjà en place à l'hôtel de ville, les quais du métro sont calmes.
Au fil des arrêts, le train va se remplir de personnes en tenue, prêtes à en découdre. Et ça parle dans toutes les langues, certains tout sourie, d'autres un peu angoissés.
Je descends à Franklin D Roosevelt pour prendre la température sur la ligne de départ. Ca s'agite, tests de sonorisation, mise en place des grilles, accueil des bénévoles. En remontant l'avenue, je vois déjà des coureurs qui trottinent dans les sas, d'autres qui se changent sur le trottoir puis, une personne d'origine asiatique me demande en anglais où est la consigne. J'arrive à le comprendre et l'invite à me suivre. Il me dit être un globe-trotter marathonien. Quelques semaines auparavant il était à Jérusalem et après Paris il prendra la direction de la Norvège.

Après avoir quitté cet aventurier, j'en retrouve un autre, Jean-Pierre. Comme nous avions choisi le même sas de départ, nous nous sommes mis d'accord pour nous retrouver et patienter ensemble. Lui a un objectif compris entre 3h35 et 4h00, moi plutôt proche des 4 heures. Finalement, on va essayer de le faire ensemble.

En place dans les sas, nous n'avons plus qu'à patienter. Pour nous réchauffer on nous propose un premier échauffement collectif, qui ne durera que le temps d'une chanson... Jusque là il n'y a pas grand monde et on peut bouger librement. On observe ce qui se passe autour de nous, on papote de nos différentes aventures puis on entend vaguement un premier décompte, c'est le départ des handisports.
Quelques minutes plus tard, l'hélicoptère de la télé nous survole, le départ de la course est donné sous de nombreux applaudissements.



Un autre échauffement collectif est proposé, mais là il y a tant de monde qu'il est impossible d'effectuer les mouvements proposés par les coachs perchés sur de hautes estrades. Arrive le moment de nous rapprocher de l'arche en marchant. Avec le soleil qui brille je n'ai plus besoin de ma protection en plastique.


Nous nous rapprochons doucement de la ligne de départ puis nous sommes de nouveau à l'arrêt, car c'est la partie droite de l'avenue qui aura la chance de s'élancer en premier.




C'est enfin notre tour mais à peine s'être souhaité bonne course et l'arche franchie que nous pensons déjà à nous arrêter pour une petite pause technique.
Une fois soulagé l'aventure commence réellement, je rassure Jean-Pierre que nous pourrons rattraper le temps perdu au fil des kilomètres. Mais pas besoin de s'énerver car on a pas perdu de temps.
L'allure est déjà trop élevée puisque nous passons le premier kilomètre en 5'28 malgré notre arrêt... Pour un objectif de 4 heures nous aurions dû passer le premier kilo en 5'41 mais, comme à chaque fois, je suis tombé dans le piège avec l'excitation, la foule et le dénivelé favorable de l'avenue des Champs Elysées.

C'est parti pour une belle balade dans les rues de la capitale. On a de la chance, il fait beau ce qui favorise la présence de spectateurs en masse. Nous sommes sur la première partie que j'aime bien. La rue de Rivoli jusqu'à la Bastille est large et agréable et propose de nombreux monuments à voir.

Je reste derrière Jean-Pierre et j'observe les personnes qui nous entourent. L'allure baisse un peu mais reste toujours trop élevée à mon goût, je ne dis rien. A peine 3 kilomètres (si je ne me trompe pas) et nous sommes déjà pris en photo par Maindru. Il fait beau, on est bien.

Le premier ravitaillement à Saint-Paul ne propose que de l'eau. Nous prenons une bouteille puis nous entrons sur une place de la Bastille noire de monde où nos puces sont enregistrées au passage du 5e kilomètre.
Le ravitaillement en solide est sur la place, je n'ai pas envie de manger et je ne compte pas m'y arrêter. J'entends JiPé s'exclamer "Christine !!!". Je me retourne et le copain est en train de faire la bises à des amies bénévoles. A peine remis à courir qu'on entend une voix féminine crier "Allez Jean-Pierre".
Que de supportrices, quel tombeur ce JP !!

Du 5e au 10e kilomètre j'aime moins bien, peut-être parce qu'il y a cette petite grimpette rue de Reuilly pour rejoindre la place Félix Eboué. Quand on entre sur l'avenue Daumesnil pour rejoindre le bois de Vincennes on voit au loin ce long cortège de coureurs, c'est impressionnant.

Quand on entre dans le bois de Vincennes, Jean-Pierre me demande de ne pas l'attendre car il doit s'arrêter pour une nouvelle pause technique. Je lui réponds que ça tombe bien, moi aussi.



Au ravitaillement du 10e, je prends un morceau de banane et une bouteille d'eau fraîche, trop fraîche...

Il faut faire attention où on met les pieds. Le mélange morceaux d'oranges et peaux de bananes en grand nombre sur le sol rendent la chaussée dangereuse.
On se retrouve devant le château de Vincennes. Nous avons dépassé des personnes portant le même maillot de club que Pascal. J'ai juste le temps de me présenter et de leur parler vite fait des exploits du pote. Lui va bientôt en terminer alors qu'il nous reste 3 heures de course. En même temps lui a fait plus de 5 marathons d'affilés...

Jean-Pierre me signale une petite douleur et me demande de partir, ce que je ne compte pas faire. On est parti ensemble, on termine ensemble. Je lui propose de ralentir, ce que nous allons appliquer tout de suite.
Nous arrivons au ravitaillement du 15e où je vais prendre quelques raisins secs et boire à nouveau un peu d'eau. C'est que les températures sont très favorables, il ne faut surtout pas se déshydrater.
Mine de rien les kilomètres défilent et pour moi tout va bien.

C'est une foule énorme qui nous accueille à l'entrée de Paris, porte de Charenton. Cette foule nous porte mais je ne dois pas m'enflammer surtout que ça va descendre et mon camarade n'est pas au top.

Nous passons le 21e km en 1h59, pile poile dans l'objectif des 4 heures.


Désormais je suis devant et me retourne régulièrement pour voir si JiPé me suit mais au 22e kilomètre, au même endroit qu'au semi de Paris, je veux éviter un ravitaillement en boisson énergétique servie en gobelet. Il y en a partout sur le sol et c'est très collant..
Je suis dans mes pensées et je m'écarte pour éviter la zone. J'en oublie JP quelques secondes et quand je me retourne il n'est plus là. Je regarde du côté des tables mais il y a tellement de monde que je ne le vois pas. Je vais lever le pied, me mettre sur le côté, il va bien me rattraper et me signaler sa présence, mais rien de tout ça. J'imagine alors que la douleur a été plus forte et qu'il a renoncé.

C'est donc avec un peu de tristesse que je me remets dans la course. Après avoir passé une place de la Bastille toujours aussi animée, on se dirige vers les quais de Seine, sur la voie Georges Pompidou. Comme toujours, cette partie est bien garnie en spectateurs jusqu'au tunnel des Tuileries transformé cette année en discothèque avec jeux de lumières, laser et tout ce qui va bien, sympa !!

Je ne sais pas d'où vient cette odeur mais j'ai comme l'impression que ça sent le caca. Un pet qui aurait foiré ? Je retrouverai cette odeur dans les narines 2 autres fois plus loin.
Ces 900 mètres de tunnel passés, on arrive sur la partie la plus délicate du tracé. Nous allons enchaîner quelques descentes et remontées de tunnel qu'il faut bien négocier pour ne pas se cramer.
Sous le tunnel de la Concorde, pour la seconde fois je vois un coureur allongé sur le sol mal en point entouré de personnes qui s'occupent de lui. Un peu plus loin, Cours Albert 1er, un autre concurrent est entouré de secouristes. Ils sont nombreux désormais à marcher, à s'arrêter pour s'étirer.
Je n'aime pas ça et j'aime encore moins cette douleur au ventre qui fait son apparition. Certainement les effets de l'eau trop fraîche avalée plus tôt.

Au Trocadero, tous les tabourets pour se faire masser sont occupés. Pas bon de s'arrêter à ce stade de la course. A cet endroit se trouve aussi le ravitaillement du 30e km où je mange quelques raisins et je bois un peu d'eau. Je me remets à courir mais pas pour longtemps. Entre les nombreux concurrents qui marchent, l'énorme foule qui s'avance comme sur un col de haute montagne lors du tour de France il n'est pas possible de courir.
Et ça râle, ça pousse !!!
Je vais être obligé de faire connaître mon mécontentement à une demoiselle lui expliquant que ce n'est pas ma faute si ça bloque devant et qu'il n'est pas nécessaire de me pousser.
Au 31e kilomètre je me remets enfin dans le rythme mais pour les 4 heures c'est mort et cette douleur au ventre devient de plus en plus persistante. Je suis à la recherche de toilettes, mais les rares sanisettes parisiennes sont hors service ou occupées.
Au bout de la rue Molitor, 4 cabines ont été installées mais une est fermée par un cadenas et il y a la queue. Mon dossard n'étant pas un passe-droit, je me résigne à reprendre la course.
De nouveau un concurrent au sol et l'ambulance qui nous dépasse n'a pas vu les signes des secouristes déjà sur place. Heureusement, les cris de coureurs feront réagir le conducteur.

Après avoir fait le tour de Rolland Garros, juste après le 34e km au niveau du ravitaillement du 35e, de nombreux WC sont là, disponibles et pas de queue. J'en profite !! Je ne vous raconte pas l'état des toilettes, une vraie porcherie, une honte.

Je repars léger et sur un bon rythme mais cela ne va pas durer. 2 km plus loin, dans le bois de Boulogne, partie que je trouve toujours aussi monotone, j'accuse le coup et comme de toute façon je ne peux plus être dans les temps l'envie de marcher se fait de plus en plus forte.
Mais je vais résister. Petit à petit, objectif après objectif je ne m'arrête pas. Les secouristes sont toujours très demandés, les ambulances se faufilent comme elles peuvent dans la foule.

40e km, dernier ravitaillement et dernière gorgée d'eau. La porte Maillot se dessine, mais ce n'est pas notre destination. Cap à tribord, la foule se fait de plus en plus dense, les coureurs qui marchent de plus en plus nombreux. Même si l'envie est très forte pas question pour moi de flancher à un petit kilo de l'arrivée. Et de nouveau un coureur qui râle parce qu'il ne peut pas passer. Ce n'est pas ma faute si d'autres marchent, je dois aussi me frayer un chemin. Il s'excuse en me disant que ce n'est pas après moi qu'il en avait.

Porte Dauphine, il est demandé aux personnes sans dossard de se mettre sur le côté. Dernier virage et l'arche d'arrivée se profile. Qu'elle est loin !!

Dernières photos, je lève les yeux au ciel pour le remercier de m'avoir donné la force et le courage d'être allé au bout. La ligne franchie, je stoppe le chrono. Un chrono pire que l'année dernière bien que je finisse en meilleure forme cette année.

Pas grave, l'essentiel est d'avoir participé et d'être arrivé sain et sauf !!
Autour de moi il y a beaucoup d'émotion. Beaucoup de gens qui ont tout donné, qui ont souffert et qui craquent le ligne franchie, ça aussi c'est très impressionnant.


Les récompenses en main, je file récupérer mes affaires pour me changer. C'est un concert désagréable de pin-pon va m'accompagner jusqu'à ce que je quitte les lieux.
Il est déjà pas loin de 14 heures. Je repars en passant un petit coup de fil à Jean-Pierre pour savoir où il se trouve et s'il va bien. Il me dit qu'il a réussi à aller au bout. Je suis content pour lui mais un peu inquiet des conséquences de son obstination. Il me confie qu'il ira consulter si la douleur persiste quelques jours, j'espère que ce n'est pas grave.
J'ai aussi reçu un message confirmant que Pascal est bel et bien champion de France des 24 heures dans sa catégorie.

Une journée historique !!!

 

Et BRAVO aux 39115 finishers !!


Merci à tous les bénévoles. Merci pour vos messages d'encouragement. Un grand merci à GU pour le beau cadeau qu'il m'ont offert.


Trace GPS :

Mes photos :


Photos Maindru

 

 

et un diaporama sympa :

 
 
 
le récit de Jean-Pierre sur son site
 
quelques vidéos :
 

Running expo

Le départ

Ambiance course
Le best of

 

,Et encore une vidéo de l'organisation :
 

 

Merci aux bénévoles : :
 

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