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CaP ou pas CaP ?!

100 km du Périgord noir à Belvès (24) - Edition du 24/04/2010

24 Avril 2010 , Rédigé par Hubert Leclercq Publié dans #Récit de course sur route

Voici le roman de mes 100 km du Périgord noir à Belvès.

100 km de Belvès (Dordogne)

 


Quand j'ai appris il y a quelques années qu'il existait des courses de 100 km j'ai tout de suite fait appel à mon ami google d'internet pour me renseigner et le premier site sur lequel je suis tombé est celui des 100 km de Belvès. Les photos et les commentaires m'ont impressionné et je me suis dit "si un jour je dois faire un 100 bornes ce sera celui-là".



Vendredi 23 avril 8 heures départ de Paris en direction de la Dordogne. Le voyage se passe sans problème. En arrivant à Belvès nous constatons que la cité se trouve se trouve en hauteur et que la belle côte qui nous y amène nous aurons à la gravir à la fin de notre périple.
Une fois sur place nous allons directement à la mairie pour retirer notre dossard. A cette heure il y a peu de monde dans la salle et sur présentation d'une pièce d'identité on nous remet une enveloppe contenant notre dossard, les tickets pour le repas périgourdin d'après course, une brochure sur la course et un guide touristique et quelques publicités.

Avant d'aller prendre possession de notre mobil-home au camping nous allons faire une belle ballade dans le village histoire de découvrir cette jolie petite cité médiévale du XIe siècle classée parmi les plus beaux villages de France mais aussi pour faire quelques emplettes sans oublier de se délasser devant une bonne bière bien fraiche.





Jusqu'à maintenant, côté météo, le ciel est couvert, température idéale pour courir mais le boucher m'annonce qu'il va faire beau et chaud le lendemain, c'est Pascal qui va être content.
Avant de quitter le village Pascal tient absolument à prendre l'église de Montcuq en photo, pendant ce temps là Véro est encore et toujours au téléphone, ce qu'elle est bavarde la ch'ti !
Nous reprenons la voiture pour faire les 4 km qui nous séparent du camping. Après un bref état des lieus nous déchargeons nos affaires. Véro n'est pas satisfaite car elle n'a pas de lait pour son petit-déjeuner, pendant ce temps là je cherche du réseau en me baladant dans le camping pour appeler ma femme et lui dire que nous sommes bien arrivés.
Il est 18 heures passé, l'heure de l'apéro approche. Après avoir fait un peu de vaisselle et du ménage nous sortons les bouteilles et voilà qu'une tête connue apparaît, Francine, mais que fais-tu là ?

Nous sommes surpris mais très heureux de la voir. Elle nous dit être venue pour nous accompagner sur ces 100 km et que son vélo est dans le coffre de la voiture de Bernard, un ami à elle qui l'a emmené. Aussitôt nous décidons d'aller l'inscrire si c'est possible. Nous retournons donc à la mairie pour nous renseigner et faire les démarches.
Le village est en ébullition, il y a beaucoup plus de monde que dans l'après-midi et pour s'inscrire il y a la queue. Pendant notre attente une dame nous confirmera qu'il est possible d'inscrire un accompagnateur mais pour cela il faut s'adresser à la seule dame qui gère les litiges, il va falloir être patient.
Quand enfin notre tour arrive la dame nous confirme que c'est possible mais il faut impérativement lui présenter une enveloppe de dossard, pourquoi faire ??? bref, nous avons tout laissé dans le mobil-home, c'est Bernard qui va m'y accompagner pendant que Pascal et Véro vont aller acheter de quoi nourrir nos visiteurs surprise.

De retour à la mairie un monsieur n'est pas content je ne sais plus pourquoi, tout le monde s'énerve, le temps passe et enfin Francine est inscrite et aura droit aussi au repas Périgourdin.
Tout le monde est de retour au camping. Il faut désormais préparer le repas et c'est Véro qui s'y colle, pendant ce temps là nous prenons l'apéro. Un véhicule s'arrête à la hauteur de notre campement, serait-ce Saphir ? et bien non, il s'agit d'Oliver un kikourou qui a reconnu notre grande championne. Un bref échange et il prend la direction du village pour aller retirer son sésame et participer à la pasta de l'organisation.



Pour nous le diner se déroule dans la bonne ambiance, faut dire qu'avec Véro et Bernard c'est à celui qui va être le champion(ne) de la blague alors que Francine squatte l'Iphone de son ami pour essayer de poster des messages sur PCaP. Avec mon nouveau téléphone je peux aussi poster mais comme je n'ai pas pris mes lunettes et que le réseau est aléatoire je n'écrirai qu'un seul message mais je ferai écouter à mes amis la sonnerie que j'ai affecté à quelques personnalités dont Isabelle (Barbara), Marc, mon épouse… Eclats de rires…
Avec tous ces bavardages nous n'avons pas vu le temps passer. Il faut aller se coucher pour être en forme demain, la vaisselle et au lit !
La nuit a été courte car quelque chose m'a réveillé et le froid m'a empêché de me rendormir si bien que quand Pascal vient frapper à ma porte j'ai déjà les yeux ouverts.
Petit déjeuner, un peu léger pour moi, petite douche dans les sanitaires collectifs car nous n'avons pas d'eau chaude dans notre bungalow, le chauffe-eau se met en sécurité, puis nous prenons la voiture pour rejoindre Belvès.



Pascal se masse au musclor, la pommade de tous les records, la pommade qui le rend fort !
Nous sommes un peu à la bourre, au téléphone Francine nous annonce qu'elle est déjà prête. Les signaleurs nous envoient sur un autre parking que celui où est garé Bernard. Le temps de se préparer et de se diriger vers le point de rendez-vous nous n'aurons pas le temps de saluer notre amie, elle est déjà partie avec les autres accompagnateurs au kilomètre 10 où elle nous attendra.
Le départ est dans une vingtaine de minutes. Véro va profiter du petit déjeuner que Pascal lui a réservé. Nous retrouvons Olivier qui n'est pas en grande forme. Véro apporte à Bernard un bon café, pour moi se sera un passage par les toilettes puis une photo avec l'ami Pascal et direction la ligne de départ où tous les coureurs sont déjà regroupés.



Le speaker rappelle un point du règlement concernant les ravitaillements : Ils sont interdits en dehors des zones prévues à cet effet, à savoir 100m avant un poste de ravitaillement, 20 mètres après sinon disqualification. Il dit aussi qu'en fonction des conditions météorologiques les ravitaillements en eau seront possibles, on nous le dira plus tard puis il questionne le vainqueur de la précédente édition (par conséquent le champion de France en titre) qui préfère privilégier Belvès.

8 heures, PAN !
C'est parti pour une petite boucle dans la cité médiévale avant de descendre vers Siorac en Périgord. Le public, nombreux, nous applaudit sans relâche. Ma montre est réglée pour sonner toutes les 11 minutes de course pour une minute de marche. En Sologne les 3 concurrents qui m'ont dépassé au 98e dans un bon état de fraicheur avaient pratiqué cette méthode, pourquoi pas moi…
Dans le village ça monte déjà, ça promet.



Nous repassons au centre ville où le public est toujours en train d'applaudir les coureurs, un dernier coucou à Véro et Bernard et c'est la descente vers Fongauffier puis le plat voir quelques légers faux plats descendants avec de belles lignes droites pour arriver à Siorac-en-Périgord où nous attend le premier ravitaillement où je ne prendrai qu'un verre d'eau alors que Pascal en profite pour se soulager.
Jusque là tout va bien, côté paysage pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Nous traversons un rond point où de nombreuses voitures font la queue puis nous traversons la Dordogne et prenons la direction de Mouzens.
Nous arrivons au KM 10 et nous cherchons notre accompagnatrice. Mais où elle est notre crêpière ?





Je la vois, lui fais de grands signes et c'est parti pour 90 km ensemble, du moins je l'espère. Une nouvelle longue ligne droite nous amène au second ravitaillement. Je commence à avoir faim et comme il y a des tartines de pain aux rillettes je me jette dessus. Côté boisson je reste à l'eau et je vais essayer d'y rester le plus longtemps possible car en Sologne j'ai commencé à boire sucré très tôt et après mon corps réclamait de plus en plus sucré et je ne veux pas refaire la même erreur.
Pour l'instant je respecte toujours les 11 minutes de course et la minute de marche, Pascal suis le même rythme. Nous allons traverser Saint Cyprien mais auparavant il nous faut abandonner quelques instants Francine pour effectuer une boucle d'une centaine de mètres afin de rattraper la modification du parcours dans Belvès à cause de travaux. Francine nous attend la caméra à la main.
Chouette nous sommes filmés !!!!!!!!!!!!!!!



Nous passons le KM 15 avec une vitesse de 10 km /h, tout va bien. 3e ravitaillement je me jette sur les minis sandwichs aux rillettes, que c'est bon ! je prends aussi quelques fruits et une pastille de sel, un gobelet d'eau. Francine en a profiter pour aller se soulager puis nous reprenons la route mais comme nous nous sommes attardés nous zappons la pause marche que signale ma montre.
Côté organisation rien à dire, des bénévoles aux petits soins pour nous et des poubelles disposées jusqu'à la fin des zones de ravitaillement ce qui n'empêche pas quelques idiots de jeter leur gobelets par terre, certains coureurs ont encore beaucoup à apprendre…
A la sortie de Saint Cyprien l'horreur !
Sur 13 km environ nous allons partager la route avec les véhicules et il y en a pas mal. Devant nous un poids lourd nous oblige à ralentir un peu. Le téléphone sonne, c'est Véro et Bernard qui se trouvent à Saint Cyprien, trop tard nous en sommes sortis il y a quelques minutes. Le peloton s'est bien étiré et nous faisons l'ascenseur avec les mêmes coureurs. Pour l'instant ça discute et ça rigole toujours mais pour combien de temps encore ?
Véro et Bernard nous rattrapent et quand ils sont à notre hauteur nous échangeons brièvement nos impressions car derrière Véro quelques véhicules s'impatientent. Il faut quand même noter que les automobilistes n'ont pas usé des klaxons et ont respecté les coureurs sur tout le parcours, merci.

Le parcours longe de temps en temps la Dordogne ça vaut le coup d'œil puis nous arrivons à Beynac et Cazenac village appartenant aux plus beaux villages de France et son magnifique château en hauteur. Au ravitaillement nous faisons la connaissance de la tante et de l'oncle de Py78 (Pierre-Yves) qui a des petits soucis avec ses semelles que son podologue lui a remis dans la semaine.



Pour moi c'est toujours rillettes et des bananes mais ici ces dernières ont un gout bizarre, certainement touchées par des coureurs qui ont utilisé des pommades et qui ne se sont pas lavés les mains, beurk !
A la sortie de ravitaillement un panneau annonce la présence de photographes. Francine, Pascal et moi nous alignons pour être immortalisés et à la vue des preneurs de vues qui demandent aux accompagnateurs de se rapprocher de leur coureur je leur crie que nous sommes tous les trois ensemble, le résultat est pas mal…



Direction la Roque-Gageac bourgade aussi classée parmi les plus beaux villages de France. En chemin nous prendrons des photos d'un château dont nous ignorons le nom et passons à proximité du château de Marqueyssac connu pour ces jardins suspendus. La traversée du village est sans encombre, nous pensions y trouver un ravitaillement mais que nenni par contre nous voyons comment sont récoltées les asperges.
Le ravito se trouve 500 mètres après la sortie du bourg ou nous quitterons la départementale et ses véhicules pour un tracé plus calme. J'avais prévenu mes amis qu'à cet endroit je faisais une pause technique pour remettre du nok sur les pieds afin d'éviter la surchauffe surtout qu'à partir de là notre itinéraire va se compliquer, nous allons devoir affronter quelques faux plats montants et quelques cotes jusqu'à Sarlat.



Francine va bien, elle sort son appareil photo et son caméscope de temps en temps, elle nous passe les messages de Marc. Jusque là je n'avais pas compris que notre suiveuse était en relation avec le site passioncourseapied.fr via Marc et que tout ce qui se passait était mis en ligne instantanément. Pascal raconte pas mal de bêtises, tout baigne même si le rythme a légèrement baissé sans être alarmant. Il faut aussi compter avec la chaleur car le soleil commence à bien réchauffer l'atmosphère. En nous rapprochant de Vitrac nous allons reprendre une belle route et retrouver quelques voitures. De l'autre côté de la route un ravito est en place pour le retour mais on m'autorise quand même à tremper la casquette dans un bac d'eau. Nous arrivons à Vitrac port et son ravitaillement où nous nous écartons pour laisser passer une ambulance. Personne ne sait pourquoi et nous espérons tous qu'il n'y a rien de grave. Après cette pause le parcours se complique un peu. Pascal questionne les coureurs avec qui nous faisons le yoyo depuis pas mal de temps. Un d'entre eux nous dit que ça va grimper encore un peu jusqu'à la piste cyclable qui nous emmènera à Sarlat et qu'ensuite une grosse difficulté nous attend vers le 75e km. Il nous met en garde sur cette piste cyclable, ancienne voie de chemin de fer transformée en promenade. On s'y sent bien, on accélère mais faut en garder pour la suite…



Un autre nous confirme que Millau est beaucoup plus facile, rires…
Nous faisons aussi la connaissance d'un inventeur qui a breveté son maillot et qui fait un malheur auprès des femmes mais il aime surtout quand elles testent son produit…



Le KM 40 arrive en un peu moins de 4h30 de course. Francine va nous immortaliser avec les panneaux puis direction Sarlat la Caneda. Dans une montée Pascal se sent bien et prend quelques mètres d'avance, je sais qu'il est en forme et qu'il a envie de partir ce que je lui propose mais il refuse. A cet endroit précis j'affirme haut et fort que je suis dans le même état de fatigue qu'au 70e km des 100 km de Sologne, je sens que mes pieds ne vont pas bien, se sont surtout eux qui m'inquiètent.
La piste cyclable est sous nos pieds et nouveau ravitos vite fait. L'oncle de PY est devant. Quand nous arrivons à sa hauteur il accélère. Sur cette partie du circuit nous sommes au calme, à l'ombre, pas de voiture ça fait du bien. Au bout d'une belle ligne droite premier contrôle puis nous quittons cette voie tranquille pour le ravito du KM 45, du moins c'est ce que je pense car il y en aura encore un avant d'arriver au 50e km. A noter aussi que certains habitants ont eu la gentillesse de sortir une table devant chez eux et d'y disposer de l'eau et du sucre c'est très gentil à eux.


A cette pause je vais prendre une bière mais elle est trop chaude, je la jette. Le KM 50 approche, l'oncle de Pierre-Yves ne veut toujours pas se faire passer mais nous y arrivons quand même, dernier ravitos et Sarlat nous ouvre ses portes. Je préviens mes coéquipiers que je dois aller aux toilettes et que je vais me remettre du nok aux pieds. Pascal saigne de la poitrine et à demandé à Véro de préparer des pansements ainsi qu'un t-shirt de rechange il prend peu d'avance pour ne pas perdre trop de temps dans cette manœuvre.



J'arrive au KM 50 et je fais ce que j'avais prévu. Ca fait quand même mal de voir certains coureurs en terminer là d'autant que ça sent bon la bonne bouffe…
Après une belle pause nous quittons la place après 5h31 de course. Nous croisons de nouveau Bernard et Véro dont les "Allez PCAP" sont entendus 10 km à la ronde puis je dis à Pascal et à Francine de partir car je sais que je vais galérer sur cette seconde partie. Pascal va s'éloigner tout doucement alors que Francine me dit qu'il n'est pas question de me laisser seul j'ai beau insister elle est aussi, voir plus, têtue que moi. Pour l'instant je trottine encore un peu et je dois faire face à quelques légères douleurs articulaires.
Francine me fait remarquer que ma façon de courir n'est pas académique, je le sais, je lutte contre la douleur en fait ma podologue m'a modifié mes semelles une dizaine de jour avant l'épreuve et a aussi changé le revêtement supérieur de celle-ci. Désormais c'est comme du caoutchouc a lieu du cuir et ça chauffe plus vite et plus fort. Je sais que des ampoules ont fait leur apparition, j'essaie de poser mes pieds pour éviter d'aggraver la situation ce qui me fait évoluer bizarrement je le reconnais.



Tant bien que mal nous arrivons au ravito du 55e où sous un arbre, à l'ombre un concurrent est assis et visiblement ne reprendra pas la route. Je me mets à l'eau pétillante, je prends un morceau de fromage que je vais renvoyer, plus rien ne passe.
Francine me dit que Véro est à La Roque-Gageac, vers le KM 60. Je lui dis d'aller rejoindre Pascal qui aura besoin d'aide pour aller au bout de cette belle aventure car je compte monter en voiture pour arrêter cette souffrance, hors de question me répond t-elle ! C'est ce qu'on va voir…
J'ai tripoté ma montre si bien que j'ai arrêté le chrono et elle ne sonne plus toutes les 11 minutes, de toute façon je m'arrête beaucoup plus souvent et pour rejoindre le ravitaillement du 62e km (le même qu'au 31e à La Roque-Gageac Ecole) je vais même marcher la plupart du temps. De nombreux coureurs me passent. Francine et moi-même les encourageons puis je retrouve le monsieur au maillot breveté avec qui je vais papoter un peu.
En arrivant au 62e km nous assistons à une brève altercation entre un coureur et un automobiliste. A ce ravitaillement un groupe de musicien met une ambiance du tonnerre et qui sort de la salle ? Olivier. Il est parti trop vite et n'en peut plus, les jambes sont raides. Il me dit d'aller voir les podologues pour mes ampoules mais pour l'instant j'ai pas envie.
Ce ravito m'a fait grand bien, je suis requinqué, je vais trottiner presque 2 km. Au passage nous aurons croisé Véro et Bernard dans La roque Gageac et ses bouchons.
Avec Olivier on essaie de rester en contact mais il est HS et vais m'éloigner. Je salue un monsieur qui est devant chez lui depuis ce matin et qui nous regarde passer. Je lui dit qu'il fait bien chaud dans sa région, il nous souhaite bon courage pour la suite.



Virage à gauche et direction Castelnaud-la-Chapelle et son magnifique château. Je demande à un signaleur qi ça fait du bien d'être à l'ombre il nous répond que nous allons en avoir dans pas longtemps et nous encourage à son tour.
Avec Francine on se regarde et nous sommes méfiants de ce qu'on peut nous raconter. Il n'est pas rare en effet d'entendre sur le bord de la route le public nous dire "allez, plus qu'un km ! " alors qu'il en reste 2.
Je retrouve la compagnie du Monsieur au maillot spécial. Véro et Bernard nous dépasse. Bernard a mis une belle casquette Cochonou sur la tête c'est la dernière fois que nous les verrons avant l'arrivée. Mon compagnon me signale qu'au 75e une belle petite difficulté nous attend et après c'est plat jusqu'au 98e.
Entrée dans Castelnaud mais pas question d'aller directement au ravitaillement qui est sur notre droite, nous devons auparavant nous diriger sur la gauche pour une boucle de 5 km. Au ravitaillement du 67e Olivier revient sur nous. Nous ne nous attardons pas et reprenons notre chemin en marchant principalement. Jusque là pas beaucoup d'endroit pour se protéger du soleil.
Pont de Cause, un petit groupe de supporters encourage tous les coureurs, merci à eux !
Enfin le 70e km approche. Francine sort sa caméra et me dit que l'écran de l'appareil affiche quelque chose d'anormal. Elle me le confie et je constate qu'elle n'est pas en mode vidéo mais photo, "ce n'est pas possible, depuis ce matin rien n'a été enregistré" elle est un peu en colère. Tant pis, c'est fait c'est fait, on ne peut pas revenir en arrière.



KM 70 : Elle est me demande quel temps et prend son téléphone. Je lui demande ce qu'elle fait et là je comprends que tout ce qui passe est relayé par Marc sur le site. Je dis alors à Francine d'embrasser tout le monde pour moi. Après un instant de lucidité je corrige ce que j'ai dit par "j'embrasse uniquement les filles". Peu après Soleia répondra "les filles t'embrassent" Merci les filles !
Je vais recourir un petit peu pour rejoindre le ravito du 71e km à Castelnaud. Des spectateurs et des gendarmes nous regardent admiratifs ou peut-être nous prennent-ils pour des fous. Toujours est-il que ça fait du bien d'être encouragé et je repars en courant. J'informe Francine qu'à la prochaine pause je remets du nok. Nous longeons la Dordogne à l'ombre des arbres, ici on est bien mais après le château de Fayrac nous sommes de nouveau en plein soleil.
2 cyclistes des KEKES DU BOCAGE vont nous dépasser et le monsieur va dérailler devant nous. Des petits mots sympathiques sont échangés brièvement et nous continuons notre route. Quelques instants plus tard une charmante dame nous prend en photo mais au passage j'oublie de lui demander si ses clichés seront visibles sur internet. Francine fait demi-tour pour aller lui demander. En fait elle travaille pour le quotidien sud ouest, donc peu de chance de voir son œuvre.
Dans cette partie ça monte et ça descend souvent. Rien de bien méchant mais cette succession de bosses fatigue quand même puis vers le 75e nous devons faire face à une courte mais belle côte. Francine est désormais à côté de son vélo. Quand je cours, si on peut appeler cela courir, elle ne remonte pas sur son cycle et court comme moi en poussant le deux roues.



En arrivant au 76e km une vieille connaissance nous explique l'histoire du château de Milandes qui fut la propriété de Joséphine Baker et où elle y avait installé son orphelinat.
Après cette parenthèse historique retour à la réalité et je demande à un bénévole l'autorisation de prendre une chaise pour me poser afin de remettre de la pommade. En me déchaussant je sais ce que je vais découvrir sous les chaussettes : une belle ampoule au talon et une au bout d'un doigt du pied droit. Autre problème c'est que j'ai mis de l'elasto et que celui-ci se colle à la chaussette ainsi quand on la retire ça fait des plis et ce n'est pas bon.
Francine me dit que je ne peux pas rester comme ça. Olivier que nous retrouvons là nous annonce qu'il y a des podologues à la prochaine étape et que je dois aller les voir. Je ne suis pas très emballé par cette idée mais si cela peut me permettre de recourir un peu. Un dernier coca bien frais car sur ce poste les boissons sont stockées dans des frigos et c'est reparti.
Mon accompagnatrice se dirige vers l'entrée d'un grand restaurant. Je lui demande que si elle a l'intention de payer un bon repas c'est avec plaisir ce qui fait rire les 2 gendarmettes présentes à cet endroit. Il est un peu plus de 18 heures je vais passer un coup de fil à ma femme pour la rassurer un peu et lui dire que si je vais au bout j'arriverai vers les 22 heures en étant optimiste seulement à Allas les Mines, KM 81 la visite chez le podologue va être longue. Il n'y a qu'un seul médecin et il y a la queue. Là nous sommes saisis par la différence de température entre l'extérieur et la salle.


Pendant cette pause je vais faire la connaissance avec mon voisin qui souffre de crampes. Il me dit souffrir aussi de la chaleur venant du Nord, en réalité il est Normand et connais bien ma région natale puisque sa sœur a été professeur dans le collège que je fréquentais.
La podologue a été fantastique même pas mal par contre elle a trop serré l'elasto pour faire tenir les pansements. Je n'en rends compte dès les premiers pas, trop tard, je ne vais pas me déchausser de nouveau et lui faire perdre son temps. Un petit passage par les toilettes et on repart non sans difficulté car là encore le fait de quitter une salle où il faisait bon nous fait un effet bizarre.
Nous allons quitter le bitume pour la partie trail de cette course. Je dis à Francine que je n'étais pas au courant de cette mauvaise surprise et que si j'avais su j'aurais pas venu. Marcher sur des cailloux quand on a des ampoules et des difficultés à poser le pied au sol est horrible mais va falloir faire avec.
Même si je souffre on discute pas mal et on fait connaissance. On parle de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, bref on passe le temps en observant aussi les paysages, en sifflotant aussi : faut garder le moral mais quelque chose commence à me tracasser, nous n'avons aucun brassard réfléchissant, ni gilet ni éclairage ni veste et après 20h30 – 21 heures la nuit va vite tomber de même que la fraicheur.


Nous allons retrouver le bitume après un bon kilo de chemin caillouteux et suivre la Dordogne jusqu'au ravitaillement du 85e au Garrit. Nouvelle pause ou cette fois je vais enlever l'elasto du pied gauche. Les spectateurs assis à côté de moi sont un peu surpris par cette manœuvre et nous souhaitent bonne continuation pour la suite.
Saint Cyprien est en vue, je me remets à courir un peu. Contrairement à ce matin nous ne traversons pas la ville, nous allons la contourner par l'est et retrouver la route de Mouzens.
Je répète une nouvelle fois à la miss de prendre les devant car elle n'a pas d'éclairage et elle risque de se faire remonter les bretelles par l'organisation dont quelques véhicules nous dépassent de temps en temps mais elle n'en fera rien.
Le 90e km se fait attendre, je vais trottiner 5 minutes puis me remettre à marcher.

Les 10 derniers kilomètres se feront en marchant, je ne peux lus courir. En arrivant au ravitaillement de Mouzens le téléphone sonne, c'est Laurent (Runner68) qui vient aux nouvelles. On papote un peu et puis je vais manger et boire quelque chose.
Les bénévoles sont à l'apéro et font griller les saucisses. Je vois cette belle bouteille de m'on petit jaune préféré et m'exclame "Ohhh, du Ricard !" Un monsieur m'en propose, c'est gentil mais je refuse sinon je m'installe avec eux et ne bouge plus d'un iota.
A peine 10 km, au moment ou Patrick m'appelle une demoiselle me dépasse et me met un vent à une belle allure. Que fait-elle là à cette vitesse ? Bref, petit échange avec l'ami qui prépare son déménagement nous avons encore de la route à faire.
Nous passons devant un ferme sans barrière et nous sommes surpris par un gros chien qui nous fonce dessus en hurlant, heureusement il est attaché et son lien n'a pas lâché nous étions dévorés sur place. Grosse frayeur, nous avons eu très peur.
La nuit tombe et apporte de la fraicheur. Ca fait du bien. Siorac-en-Périgord est à notre portée. Nous retraversons la Dordogne et des clients attablés à un restaurant nous encourage, nous les remercions en leur souhaitant un bon appétit ainsi qu'une bonne soirée.
Le parcours va changer par rapport à ce matin, nous allons entrer dans la ville et là ça monte, en haut se trouve le ravitaillement du 94e kilomètre.



Francine ne prendra rien car elle est au téléphone. En repartant je la vois inquiète, elle n'arrive pas à joindre sa fille et moi j'ai froid. Elle va appeler Bernard pour savoir s'il peut nous apporter un vêtement chaud ainsi qu'un gilet réfléchissant. Véro et Bernard sont aussitôt partis pour nous rendre service, seulement ce n'est pas facile de quitter la ville pour nous retrouver sur le parcours alors ils vont venir à notre rencontre à pied.
Nous sommes sur la départementale 710, grande ligne droite qui nous emmène à Belvès. Les voitures roulent vite alors à chaque fois qu'un véhicule se présente en face nous nous rangeons correctement sur le côté, nous aurons même droit aux pleins phares de la part d'un véhicule de gendarmerie, sympa les gars ! Ils doivent pas montrer l'exemple normalement ?

Les 5 derniers kilomètres sont signalés par un panneau, je trouve que le temps passe vite. En passant devant un camping une bonne vingtaine de personnes encouragent les coureurs c'est très gentil.


Il est plus de 22 heures nous arrivons au dernier ravitaillement. Francine n'a toujours pas pu joindre sa fille, cela l'agace. C'est ici que nous retrouvons avec une grande joie Véro et Bernard. C'est d'ailleurs lui qui prend en charge le vélo de notre extra-terrestre. En quittant ce dernier point de convivialité une concurrente, c'est pas beau mais je balance, dossard 282, jette par terre son gobelet, ça me met hors de moi mais je n'ai pas la force lui crier dessus. Bernard témoin de la scène trouve ce comportement idiot aussi, pour gagner quoi ?
Les 2 derniers kilos vont être une belle partie de rigolade notamment avec Véro qui chante à plein poumons. En bas de la côte un speaker annonce les noms de tous les coureurs et les encourage par ces paroles "2 petits virages, une ligne droite et c'est l'arrivée". Il le répétera des centaines et des centaines de fois puisque Pascal a eu droit au même speech sauf qu'au lieu des 2 virages annoncés il y en a 7 je crois et que ça monte bien. Petite photo au km 99 et au panneau d'entrée de l'agglomération puis l'arche fait son apparition. La fin du calvaire approche, je ne sais même pas en combien de temps, ce qui m'énerve c'est que les accompagnateurs n'ont pas le droit de franchir la ligne d'arrivée, c'est nul !



Un petit mot au speaker qui a annoncé mon nom en me comparant aux grandes surfaces et aussitôt je recherche Francinette pour la remercier puis il me faut retirer mes chaussures. Je retrouve Pascal que je félicite pour sa belle course et je trouve une chaise pour me poser, enlever mes running et mettre des tongs. Une secouriste vient me demander si tout va bien et m'invite à entrer sous le chapiteau. Cool, tout va bien, avant d'aller au massage je veux absolument retirer mes pompes. S'en suis un échange entre la secouriste et mes compagnons dont je n'ai pas tout suivi mais j'ai entendu des mots comme sexy, je ne sais pas de quoi de qui il s'agissait.
Bref, en tous les cas je dois passer par la case podologue, des ampoules ont fait leur apparition au pied gauche. Je vais donc entrer sous cette tente où le spécialiste en chef va s'occuper de moi tout de suite pour traiter le pied gauche et refaire les pansements de l'autre pied.



Visiblement je dois être un cas pour qu'il appelle ses collègues un à un pour venir observer mes blessures. Toujours est-il qu'il est moins précautionneux que sa collègue d'Allas les Mines. En appuyant sur une ampoule il m'a fait si mal que j'ai senti le malaise arriver. Le toubib a envoyé quelqu'un me chercher un thé qui me fera le plus grand bien. Pendant ce temps là Francine profite d'un bon massage.
Les pieds soignés j'attends le kiné mais en attendant je me refroidis et je demande une couverture. Perrine a terminer de masser Francine elle se propose de s'occuper de mon cas. Elle est surprise de voir tous mes amis à mes côtés et le Pascal ne va pas se gêner pour demander à la jeune praticienne de ne pas y aller avec le dos de la cuiller et elle va me faire bien mal à tel point qu'une de ses collègues lui dit que le monsieur n'a pas l'air d'apprécier et c'est le cas mais comme elle était super sympathique je ne lui en veux pas.



Je n'ai qu'une seule envie aller profiter du repas périgourdin car j'ai un peu faim. Le groupe se dirige alors vers l'espace dédié à la restauration. Pascal est inquiet car à cette heure tardive il pense que nous ne serrons plus servi. Je le rassure en lui disant qu'ils servent jusqu'au dernier concurrent mais il avait raison le bougre, le restaurant allait fermer mais ils vont faire un effort.
En entrant dans la salle quelqu'un m'appelle il s'agit d'un ancien collègue des Archives nationales qui nous a quitté pour aller travailler du côté de l'Allier qui a fait là, avec son club, son premier 100 bornes en 10h42. On échange vite fait nos impressions puis je file rejoindre les amis où on nous apporte aussitôt la soupe. Le service va vite, on nous apporte vite fait le foie gras et là Francine nous dit ne pas se sentier bien. Elle se tourne, je pense pour vomir mais non elle s'écroule au sol. Heureusement des secouristes sont à la table voisine et la prennent en charge immédiatement.
Après un bilan ils veulent qu'un médecin la voit et l'emmène en compagnie de Pascal et Bernard. Peu de temps après les hommes reviendront nous rassurer suivi de près par Francine.
Nous terminons le repas mais comme celui-ci est froid et que nous sommes tous fatigués nous nous quittons en nous donnant rendez-vous au camping avant de quitter la région.

Arrivé au camping je file au lit vite fait pour une bonne nuit de sommeil. La nuit a été un peu agité mais bénéfique quand même. Le réveil est difficile mais après un bon petit déjeuner et une bonne douche je vais mieux. Je suis surtout rassuré pour mon genoux droit qui me faisait très mal à l'arrivée et ce matin plus rien.
Il faut désormais ranger nos affaires, faire le ménage et rendre la clé de notre pied-à-terre. Dans notre camping nous sommes libres de partir quand bon nous semble alors que nos amis doivent partir à 10 heures. Vers 9h30 environ Bernard et Francine viennent nous dire au revoir en nous apportant un cadeau, c'est trop gentil mais c'est plutôt à nous de leur offrir un présent.





Nous nous rappelons les principaux souvenirs de la course puis nos amis reprennent la route un pincement au cœur car j'aurai aimé que ce week-end dure plus longtemps. Peu de temps après nous allons reprendre la voiture pour rejoindre la capitale. Nous allons faire une petite promenade pour rejoindre l'autoroute et pour ça nous allons prendre un autre itinéraire qu'à l'arrivée et visiter un autre coin de la Dordogne. Nous allons passer aux Eyzies de Tayac où se trouve le musée national de la préhistoire puis nous ferons une pause déjeuner à Montignac non loin des grottes de Lascaux.
Après ce bon repas je vais passer la plus grande partie du voyage à dormir, ainsi s'achève cette belle aventure.

Pour conclure, j'ai passé un merveilleux week-end mais c'est aussi une remise en question car j'ai énormément souffert. Quand on se lance dans une telle aventure on sait que ça va être dur mais sachant que j'ai pris du poids suite à l'arrêt de la cigarette voilà maintenant presque 12 semaines, que je rencontre des problèmes avec mes semelles orthopédiques fallait-il continuer après le 50e km ? Fallait-il prendre le départ tout simplement ? car je savais que j'allais souffrir.

Enfin, depuis le mois de janvier c'est préparation de ceci puis de cela et je me demande où est passé le plaisir dans cette histoire. Par conséquent dans l'attente de trouver une solution pour mes pieds et d'aller mieux je vais tenir mes engagements mais je ne m'inscris sur aucune nouvelle compétition.

Pour les 24 heures de Villennes j'ai deux possibilités. Ne pas y participer ou y aller pour faire un tour par ci, un tour par là, mais quel intérêt ??? Si des personnes comptent sur moi pour les emmener sur le lieu de l'épreuve je serai présent.

Enfin, pour terminer :
Je tiens à remercier tous les membres du site passioncourseapied.fr qui m'ont envoyé un message de soutien, d'encouragement. A Marc pour son reportage an direct, Soleia pour tout le travail qu'elle fait pour nous.
Un grand merci à l'organisation et aux bénévoles car c'est quand même une sacré performance d'organiser une telle manifestation. Je leur dirai juste de penser aux accompagnateurs à l'arrivée.
Merci à Pascal et Véronique pour m'avoir supporté dans la voiture à l'aller, au retour ainsi qu'au camping.
Merci à Bernard d'avoir fait le voyage pour emmener Francine en Dordogne mais aussi pour sa bonne humeur et ses blagues.
Énorme, énorme merci à Francine pour cette belle surprise et à qui j'ai piqué quelques photos sur facebook. Je ne trouve pas les mots car tu es une championne dans tous les domaines sauf celui d'utiliser une caméra.
Si tu as besoin de quoi que ce soit fais moi signe.

Un grand bravo à tous les finishers et particulièrement à Pascal pour son beau chrono sur ce parcours difficile, à l'oncle de PY78, à notre ancien collègue Jean-Yves (10h42 pour sa première expérience sur la distance), à notre collègue Thierry sur 50 km et Valério qui termine ces 50 km en 9h08 à 88 ans et qui n'est pas dernier.


Bravo Francine !

Mes photos sont là : http://picasaweb.google.com/hubert75003/20100424100Belves#

Une semaine après, les 20 km de Maroilles se sont relativement bien passés, mais si vous n'avez pas de nouvelle c'est aussi parce que je suis en train de ma battre avec la rom de mon nouveau téléphone portable que je n'arrive pas à changer pour débrider certaines fonctionnalités. Avec le temps je l'aurai, rien ne me résiste... 

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